J'étais un « horsain »

 

Lorsque je suis arrivé aux Moitiers-d'Allonne en 1977, avec mon épouse - née à Pierreville - et nos deux enfants nés à Cherbourg, j’étais considéré comme un « horsain », originaire du sud-Manche et ayant migré vers le nord du département pour le travail. J’étais alors connu aux Moitiers d’Allonne essentiellement des agriculteurs, producteurs de lait et adhérents au Contrôle Laitier de la Manche.

 

Comme beaucoup de jeunes arrivants, mon intégration s’est faite lorsque mon fils est entré à l’école maternelle. M. Alexandre Quiedeville m’a alors contacté pour que je le remplace au sein de l’A.P.E., laquelle gérait également, sous la houlette de M. Blestel, la Cantine Scolaire. Dans le même temps, je suis devenu délégué des salariés agricoles pour la commune, en remplacement de M. Eugène Flambard, puis délégué cantonal à la Mutualité Sociale Agricole, représentant des salariés. La spirale était amorcée : je suis ensuite devenu membre de nombreuses associations du canton de Barneville-Carteret, m’investissant pleinement en acceptant certaines responsabilités au sein de leurs conseils d’administration.

 

J’ai profité d’une initiation au secourisme organisée par la Mutualité Sociale Agricole et Groupama, en partenariat avec la Croix-Rouge, dans la salle du Mille Club des Moitiers, pour intégrer l’équipe cantonale de secouristes. J’y ai suivi un cursus complet de formation jusqu’à l’obtention du monitorat de secourisme. À cette époque, les sapeurs-pompiers de Barneville-Carteret, ne disposant pas de formateur interne, suivaient eux aussi les formations de la Croix-Rouge. Étant amené à utiliser leur matériel de secourisme afin qu’ils puissent pratiquer avec, un problème de responsabilité s’est posé : que se passerait-il si le matériel était abîmé ou si je me blessais ? Par précaution, le chef de centre, le lieutenant Bruno Gonano, décida de me faire souscrire un engagement de sapeur-pompier en 1985.

 

En janvier 1987, j’intégrais aussi la station SNSM de Carteret comme équipier. C’était parti pour de nombreuses années au service de la population et des biens du secteur : sapeur-pompier de Barneville-Carteret (9 communes).

 

Six ans plus tard, je succédais au lieutenant Gonano comme chef de centre, fonction que j’ai occupée pendant vingt ans. Cette responsabilité m’a demandé beaucoup de temps et d’énergie : gestion du personnel, de l’administratif, et présence indispensable sur les interventions importantes. Celles où il faut accueillir la famille d’une victime, qui vous regarde droit dans les yeux, cherchant à deviner la gravité du diagnostic. Celles où il faut faire preuve d’empathie et de tact pour annoncer une issue fatale. L’intervention qui m’a le plus marqué reste celle où trois victimes étaient décédées.

 

Les interventions les plus difficiles sont évidemment celles concernant des personnes que l’on connaît très bien, parfois même un membre de sa propre famille. Certaines situations, au contraire, pourraient prêter à sourire — pour ne pas dire à rire — mais le sérieux reste de rigueur. Il y a aussi les interventions heureuses : l’arrivée au monde d’un bébé trop pressé. Elles sont rares, mais une année, nous en avons connu trois. Chez les sapeurs-pompiers, 78 % des interventions concernent l’assistance à personne : accidents, malaises, 8 % concernent les incendies, le reste regroupe diverses sorties et renforts dans les centres voisins.

 

À 60 ans, j’ai quitté le service actif (limite d’âge), mais j’ai continué de fréquenter le centre de secours comme animateur chez les Jeunes Sapeurs-Pompiers (JSP). Depuis sa création, je suis également membre de la RCS 50 (Réserve Citoyenne de Soutien). Cela s’achèvera en septembre prochain car j’atteindrai moi aussi la limite d’âge (75 ans).

 

Vous, jeunes de 12 ou 13 ans, pouvez rejoindre les JSP pour une formation de quatre ans, le samedi matin en période scolaire. Si vous avez plus de 16 ans, êtes en bonne santé (visite médicale d’incorporation), avez un casier judiciaire vierge, pouvez consacrer environ 140 heures par mois au Service d’Incendie et de Secours, et habitez à moins de cinq minutes du Centre de Secours, contactez le chef de centre : vous serez accueillis à bras ouverts. Habitants des Moitiers-d’Allonne, vous êtes presque tous dans le périmètre permettant d’assurer un départ en intervention dans les délais réglementaires.

 

 Michel PACILLY Commandant honoraire de sapeur-pompier

 

 

Mairie

9 rue des Trois Forges

50270 Les Moitiers d'Allonne

Tel : +33 02 33 53 81 88

Fax : +33 02 33 53 03 20

 

mail: [email protected]

 

Contact Secrétariat Mairie 

Gestion du site

 

Ouverture au Public :

Mardi et Jeudi

  de 10h00 à 12h00

Vendredi 

  de 13h30 à 17h30

 

Syndicat Mixte des Espaces Littoraux de la Manche

SYMEL

Office du Tourisme de la Côte des Isles OTCDI